2) La dépendance psychologique

C'est très précisément le plaisir que procure le cannabis qui est l'origine de la répétition des prises et de la dépendance ultérieure éventuelle. Manifestement, le pouvoir de dépendance est déclenché plus lentement et plus progressivement qu'avec des drogues dures telles que la cocaïne et l'héroïne mais il est réel et attesté. L'addiction au cannabis semble donc moyenne et comparable à celle de l'alcool, dans les tests biologiques et comportementaux.

 

Cependant, il faut considérer un autre phénomène appelé tolérance. D'un point de vue médicale et pharmacologique, celle-ci correspond à la nécessité d'augmenter les doses pour obtenir le même effet. Les tests dits de tolérance montrent une instauration très rapide de cette dernière. Cet effet apparaît dès la deuxième prise. Cependant, si l'espace entre les prises est long, (Supérieur à 10-15 jours entre la première et la deuxième prise) la tolérance s'estompe. Le phénomène de tolérance participe à l'addiction puisque, si la sensation est plaisante, l'individu a envie de reprendre du cannabis (voir circuit de récompense), mais pour obtenir le même effet, il est obligé de consommer une quantité plus importante, ce qui va renforcer la dépendance éventuelle.

 

 

 

Dépendance

(exprimée en %)

Héroïne Cocaïne Amphétamines Alcool Cannabis Tabac
absente 18 14 57 47 59 13
faible 9 10 18 14 18 27
moyenne 9 10 11 12 13 40
forte 64 57 15 27 10 20

 

 On observe donc d'après le tableau que 59% des personnes ayant fumé et fumant du cannabis ne sont pas dépendantes au THC. En revanche 10% des fumeurs présentent une forte addiction au Cannabis .

 

Circuit de récompense:

Partie du système nerveux central qui relie certains groupes de neurones à l'origine de fortes sensations de plaisir et de satisfaction.

 Pour qu'une espèce assure sa survie, il faut qu'elle assure ses fonctions vitales (se nourrir, se défendre, se reproduire...). Au cours de l'évolution , un circuit qui « récompense » l'exécution de ces fonctions vitales par une sensation agréable s'est mis en place dans notre cerveau . Son rôle s'est ensuite élargi pour nous inciter à répéter les expériences plaisantes apprises au cours de la vie.

 On distingue trois phases dans le fonctionnement de notre circuit de récompense. D'abord, en réponse à un stimulus sensoriel (toucher, vue, faim, soif...), notre cerveau nous pousse à l'action pour satisfaire un besoin ou un désir : c'est la faim qui nous pousse à manger quand notre taux de glucose diminue dans le sang. En deuxième lieu, cette action est récompensée par une sensation de plaisir. C'est l'action surtout qui est récompensée et pas seulement le fait de satisfaire le besoin. Enfin, un sentiment de satisfaction vient mettre un terme à l'action, jusqu'à ce qu'un nouveau signal vienne encore déclencher un désir. Les comportements utiles à notre survie sont donc sous contrôle du circuit désir—action—satisfaction, système de neurones particuliers de notre cerveau.

Dopamine

Neurotransmetteur impliqué dans le désir, le plaisir, le mouvement. Son déficit dans certaines régions du cerveau provoque la maladie de Parkinson.

La dopamine est une petite molécule assurant la communication entre les cellules du cerveau (les neurones ). Elle intervient dans le désir et la sensation de plaisir. Elle est aussi impliquée dans des maladies graves comme la maladie de Parkinson, qui perturbe les mouvements, et la schizophrénie, une maladie mentale. Le stress accentue la production de dopamine.

 

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